Le piéton flâneur 

et son safane

Sauver l'indivualité singulière de chacun, semble une évidence dans les discours de la philosophie sociologique.

Cette singularité est incarnée dans chaque corps et doit être défendue par

les droits de la personne.

 

Dans le regard socio-esthétique (l'art dans l'espace public), ces valeurs peuvent prendre la figure du maillon le plus faible qu'est le  piéton flâneur.

 

On se le représente facilement. Il vaque à ses affaires et traverse l'espace public;

puis pris par magie ou beauté d'un endroit, ralentit, s'arrête éventuellement, s'assoit peut-être, en état de contemplation et de bien-être. 

Il n'arrête pas de penser, mais ses pensées se meuvent plus légèrement dans sa conscience. Mais surtout il prend éventuellement le temps de regarder autour de lui, le sol, les végétaux, les murets, mais aussi au loin, un bâtiment, une ouverture vers la montagne ou le ciel.

 

Tout ce qu'il regarde forme une impression générale imprégnée par son regard particulier qui allie des choses très intimes et personnelles à un ensemble d'objets qui donnent le sentiment d'être là non seulement à disposition, mais dans une disposition

favorable.

Cette impression favorable s'appelle les harmoniques qui peuvent être ressenties à la place du piéton flâneur à ce moment-la.

 

Le piéton flâneur, assis ou debout, déambulant pourquoi pas, est le centre d'un safane ( néologisme sous-entendant une jonction entre le sacré et le profane.

Le safane est une sphère sans limite sinon celle de la  vue la plus éloignée.

Le safane se déplace avec le piéton.

Mais il est facile d'imaginer qu'il retourne plus volontiers dans les endroits où il se sent bien. Chacun a ses préférences, pourtant les impressions peuvent se recouper ce qui permet de définir des zones plus safaniques ou safanisables que d'autres.

Il est des points safaniques qu'il ne faut pas toucher, étant le lieu de conjonctions harmoniques issues d'un travail du passé. Nous connaissons tous des bancs ou des promenades qui nous font du bien.

Ce qui est intéressant, c'est de travailler un safane potentiel, donc un endroit ayant déjà quelques qualités évidentes. Il a par exemple subit une détérioration, ce qui justifie une intervention. Cette intervention peut n'être que technique. Mais elle peut aussi être l'occasion d'une transfiguration grâce à l'intervention d'un transfigurbartiste (un artiste plasticien formé dans un atelier urbain).

 

Dans la période d'expérimentation nous privilégions cette situation.