Pour le mobile, les images sont sous le texte qui est assez long

Survol général

 

L'acronyme  ADLM

 (l'Art Dans Les Murs)

 

On pense   à un musée ou à un monument universellement reconnu et adulé ( la tour Eiffel, le général Guisan, le mur de la réformation ou notre Dame de Paris).

 

Ici l'art dans les murs signifie un partage plus modeste et une participation à des opérations visant l'harmonie des lieux où vaquent des gens au quotidien. Ces lieux sont ancrés dans du fixe, des sous-bassements, des infrastructures, mais aussi du moins fixe qui  évolue au rythme des saisons et des années.

L'art dont je parle suit des courbes de vieillissement.

L'art dont je parle se mêle à l'espace public.

L'art dont je parle s'adresse aux gens qui revêtent un moment le costume du piéton flâneur et écoutent les harmonies qui les atteignent.

L'art dont je parle donne envie

de danser un pas presque invisible mais mouvant des profondeurs.

L'art dont je parle est intime et public.

L'art dont je parle s'allie avec la nature et tous les objets à l'entours.

L'art dont je parle peut être travaillé par les gens qui d'abord s'exercent un peu dans un coin discrètement puis participent à traiter  un point, une surface un objet pour amplifier des résonances.

L'art dont je parle travail sur un différentielmet en mouvement, chacun apportant une partie de soi, soit comme spectateur, soit comme acteur, pourquoi pas les deux à la fois .

L'art dont je parle est au service du Bien. Il est donc dans l'espace public

 

C'est pourquoi par exemple, je propose une transfiguration des tags ou  tagraphes. Ils voudraient changer le monde par agression (on dit pudiquement que la jeunesse s'exprime, mais en fait elle agresse par l'extérieur). Transfigurer un tagraphe, c'est lui donner la force

de stimuler un mouvement intérieur, en ajoutant de la beauté extérieure.

L'art dont je parle est proche de la poésie, d'une danse presque immobile mais émouvante, calmement émouvante.

L'art dont je parle ne peut être rigide, il est d'une fixité  relative, accompagnant et stimulant le Bien.

L'art dont je parle dit : changez ! que chacun change à sa manière pour se transformer en Bien. Qu'il agisse intelligemment avec sensibilité, à l'écoute de la nature et des autres.

 

 

L'art dont je parle

regroupe plusieurs genres de pratiques..

 

1)D'abord la transformation de tagraphes, permettant de les transformer en éléments d'harmonisation nommés dès lors

rhéokaliphores:  ce sont des objets offrant des surfaces de réglage, adaptées à la configuration des lieux.

L'introduction ou la mise en valeur dans l'espace public d'éléments  horizontaux ou verticaux, sous forme de sculptures

peintes, autrement dit des rhéokaliphores, nous offre la capacité de  faire sonner les 

harmoniques d'un espace.

 

Par exemple une cabine qui n'a d'abord qu'une fonction technique est taguée par un adolescent en mal d'expression. Nous pouvons,  soit supprimer le tag et faire payer, soit utiliser cette première impulsion, respectant ainsi la liberté d'expression mais en élevant le débat, montrant que le canal de communication doit être mieux défini, que s'exprimer ce n'est pas forcément faire son pipi contre les autres, démontrant, par un acte de création en arts plastiques, qu'on peut transfigurer cette première impulsion pour en débattre et en jouir dans un espace public voué au bien de tous.

 

2) L'espace public peut sembler labyrinthique, tant les données sont variées et compliquées. c'est pourquoi nous proposons queqlques instruments.

Nous avons par exemple élaboré des modules, appelés safanes (sacré-profane), bulle ou cercle dont le centre est le piéton flâneur.

Le safane est ce que le piéton flâneur peut voir, entendre, toucher, sentir autour de lui, étant libre de ses mouvements. Sur une carte on trace un cercle approximatif, désignant surtout son centre qui est le piéton flâneur.

Ce dernier demande aussi des explications : le piéton flâneur représente l'individualité la plus irréductible de l'Homme déambulant dans un espace public et devenu un moment

"complètement inutile" parce que dans un état de contemplation, de méditation ou de réflexion.

 

le safane se déplace avec le piéton flâneur. Mais pour l'analyse et la bonne maîtrise des interventions il est pratique de décider de centres safaniques fixes, un peu comme des points de vue, sachant que ces points fixes sont théoriques puisque le piéton flâneur déambule à sa guise. 

 

Un autre instrument d'analyse est le concept de "courbes de vieillissement" : un arbre perd ses feuilles et grandit. D'autres végétaux s'étendent différemment. Les lichens envahissent,

Le climat use les pierres et les minéraux. La terre travaille à sa façon, les enfants bougent autrement que les vieillards, les services ont leur rôle à jouer.

Ces instruments sont utiles dans la centrale opérative que nous nommons l'atelier urbain.

Cet atelier urbain communique avec les différents services administratifs, qui dans le meilleur des cas sont représentés par une personne responsable de la bonne

information au juste endroit.

 

Il est important de consulter le cadastre pour voir les imbrications entre le privé et le public. On a trop tendance à négliger les effets réciproques entre l'espace public et l'espace privé, entre le semi public (par exemple le droite de passage) et le semi-privé (par exemple les entrées d'immeubles et leurs abords). La pluspart des actes ont des répercussions pour des voisins. Il est donc important d'assimilier ces différents points de vue souvent imprévisibles. Il faut donc une large manoeuvre de réglage, de transformation. de modification.

 

L'intérieur des maisons permet d'autres choses. Il y a l'espace privé pur et dur, mais il y a aussi des passages plus ou moins étanches. J'ai par exemple vécu dans un immeuble locatif du 18ème, la maison Bonnet à Genève, où les portes et fenêtre du palier étaient disposés de telle sorte que l'on pouvait laisser sa porte ouverte sans qu'il y ait intrusion du voisin qui passe, ce qui favorisait une très bonne communication entre les différents habitants. 

Et il y a de grandes imbrications non seulement  entre l'espace public et l'espace privé mais entre le semi privé et le semi public. La façade, le jardin, l'entrée, les coursives et l'appartement peuvent collaborer pour le bien être de tous. le bien être étant de pouvoir vaquer confortablement à ses occupations qui pourraient être aussi créatives que possible.

 

Dans cet état d'esprit, nous essayons d'intervenir aussi dans cet espace intermédiaire, soit les entrées d'immeuble et les coursives.

Il peut s'agir à chaque fois

d'une oeuvre originale et unique, ce qu'ont produit par exemple les artistes du groupe Vaisseau.

 

Nous portons beaucoup d'attention à l'usage des matériaux, qu'ils soient

adapté aux usages contemporains, facilement nettoyables et réparables, mai aussi transformables...

 

Un autres point important dès qu'on aborde la question de l'espace public: il n'y a pas de droit d'auteur, même si le travail

est signé à la demande du propriétaire. Il faudra  mettre de côté son orgueil personnel, mais aussi l'apât du gain.

 

Il faut un nouveau nom à cette fonction qui est celle de l'artiste plasticien qui se met au service de l'espace public, ce dernier étant considéré comme le lieu par excellence où devrait "se faire le Bien".

Nous avons décidé de créer un nouveau métier, celui de transfigurbartiste.

Il s'agit  d'un artiste-plasticien qui met son savoir-faire (forcément artisanal) et sa sensibilité d'artiste au service du Bien public.

Ce métier sous-entend les formations classiques des anciennes écoles des Beaux-Arts, qui sont encore enseignées dans quelques écoles, même si elles ont été transformées en "écoles supérieures d'arts visuels", mais ce métier doit subir une formation de plusieurs années au sein de l'activité d'un atelier urbain qui gère directement les interventions sur place.

 

Cette formation comporte 3 volets:

1)soit une pratique du " travail d'esquisse réitérée en quête d'orientation", opéré sur des feuilles de format A4, travail partagé dans une équipe par l'entremise du travail à la table A4.

 

2)  deuxième volet. Il consiste à peindre en formation de groupe sur un mur vertical. Il s'agit d'une initiation à l'espace polytopique de la peinture, aux moments d'histoire peints, à la vision periscopique, et au trompe-l'oeil, vecteur d'intégration de la peinture dans son environnement.

 

3) Initiation aux interventions dans les espaces semi-privés, semi-publics et publics.

 

Ces trois fonctionnements sont pratiqués en parallèle et peuvent se pousrsuivre à l'infini...

 

 

 

Le thème général peut s'intituler

l'esquisse et son cadre, le cadre étant la feuille de papier, le mur, ou l'espace public dans une démocratie à l'Européenne, démocratie qui doit encore beaucoup  travailler le sujet d'une créativité individuelle visant le Bien public.

L'Europe, allant de Lisbonne à Vladisvostok, donc ouverte au monde  bénéficie d'une très longue expérience qui a depuis longtemps tenté d'amalgamer une quantité incroyable d'ethnies différentes qui depuis l'antiquité puis à partir du traité de Westphalie, ont tenté de s'organiser. Aujourd'hui même tout est à jouer, car nous ne sommes pas encore sortis de nos préjugés et de nos rancoeurs...

 

C'est dans cette visée que je situe

le projet ADLM, l'art dans les  murs.

 

 

Oui, chaque expérience créatrice est un "sonderfall", puisque cela passe forcément par un individu unique, imprescriptible, singulier et original, mais la visée reste celle du Bien, donc du bien vivre ensemble.

Cela n'a pas encore été réalisé : le défi est devant nous et l'Europe peut l'aborder frontalement si elle le veut.

 

Nous ne pouvons le farie que lorsque nous auront compris que le Bien ne s'installait pas par police, armée, dogmes et idéologies, mais par un Bien créé par chaque inidividu, ce qui se fait forcément vis à vis des autres, avec les autres. Nous pouvons imaginer des petites unités, même si des IATA ou des ICAO doivent aussi exister pour gérer le trafic aérien, les trains, les routes, les conduites d'eau et d'électricité, la poste etc.

 

Nous faisons donc un petit bout de chemin vers une Europe rêvée, en préparent des instruments et une pratique compatibles avec ces objectifs qui peuvent se résumer par la création d'un paradis sur terre, sujet encore tabou comme celui du Bien.

 

Il ne s'agit  pas d'une révolution idéologique, mais plutôt d'un abandon des idéologies et l'ouverture de niches permettant d'expérimenter, pour le bien de tous un travail créatif , une forme d'art qui s'harmonise profondément avec la nature des espaces publics, cette harmonisation privilégiant les petits pas, les superpositions légères, les soins du détail créant ainsi des résonnances entre les intérieurs et les extérieurs, selon la capacité qu'à l'être humain d'être un piéton flâneur participant discrètement 

à sa transformation et à celle de son cadre de vie.

 

Antoine Piron, le 2 décembre 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atelier urbain (halles de l'île à Genève). Au fond: un rhéokaliphore, le modèle de celui élaboré à Pula (Istrie) en 1995, premier rhéokaliphore, donc objet de réglage dans l'espace public, jamais réalisé.